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Bruxelles,
14.07.2004
La Constitution européenne : un nouveau
début, pas encore de fin
Le
processus d'union européenne a reçu un bon coup de pouce - maintenant
d'autres mesures doivent suivre
L'adoption de la Constitution de l'Union européenne est un grand
succès. Elle n'aurait pas été possible sans l'ambitieux projet de la
Convention de l'UE, qui sans le moindre doute s'avère sur quelques points
un manuscrit européen, auquel est venu s'ajouter le fort engagement
du Parlement européen et de ses représentants à la Conférence gouvernementale.
Avec
ses valeurs et ses objectifs de base (économie sociale de marché, plein
emploi, protection sociale) ainsi que sa charte des droits fondamentaux
(y compris les 20 droits fondamentaux sociaux), la constitution représente
un véritable progrès vers une Europe sociale. C'est à juste titre que
l'on peut désormais parler d'une Union politique et d'une Union des
valeurs.
C'est
pourquoi l'UETDC incite sans
équivoque les Etats membres à ratifier
cette constitution.
Ce
texte ne doit cependant pas être considéré comme constituant la dernière
étape de l'Europe. Il est plutôt la base d'un nouveau départ européen.
Ce départ
a un but: le développement de l'union politique européenne. Ceci nécessite:
- La
reconsolidation de la capacité d'action de l'Union européenne
(surtout dans les domaines concernant directement la protection des
citoyennes et des citoyens: le social, l'environnement, la protection
des consommateurs) grâce à l'élargissement
du principe de la majorité qualifiée.
- La consolidation
de l'Europe démocratique à travers la consolidation du Parlement européen.
Il faut faire mieux connaître l'UE aux citoyens, sinon un complet
effondrement est à craindre lors des prochaines élections. Si le Parlement
européen n'obtient pas encore davantage de pouvoir (d'une manière
concrète : en fin de compte dans toutes les questions le dernier mot,
le mot décisif), les citoyennes et les citoyens continueront à se
détourner en masse de ces institutions et de l'idée européenne dans
son ensemble. L'UETDC plaide pour que le
Parlement de l'UE ait le droit dans un premier temps de forcer la
Commission à élaborer des projets de loi. Mais en un mot il doit demander
le plein droit d'initiative parlementaire. L'Europe doit
se risquer à plus de démocratie.
De futures réformes
doivent venir et viendront. Entre la première et la troisième partie
apparaissent trop de contradictions eu égard à la vision européenne.
Les prescriptions concrètes figurant dans la troisième partie ne peuvent
pas suivre l'objectif d'une Union européenne ayant capable d'agir comme
décrite dans la première partie.
Une révision
de la Constitution est donc indispensable après une législature.
Quelques commentaires
à ce sujet :
- L'UE s'appuie
désormais sur une charte de droits fondamentaux auxquels on ne doit
pas porter atteinte quant à leur nature. L'UETDC mise sur le fait
que toutes les institutions impliquées - la Cour de justice des Communautés
européennes en tête- y choisiront l'interprétation la plus large.
Les droits fondamentaux ne doivent pas être restreints par un simple
article de la Constitution, sinon l'objectif d'une 'Europe des citoyens'
serait voué à l'échec et la Constitution ne serait rien de plus qu'une
autre réforme des Traités européens.
- En général,
l'UETDC regrette qu'une méthode générale de vote à la majorité (qualifiée)
au Conseil avec co-décision du Parlement Européen n'ait pas été reconnue.
- Cela apparaît
clairement et concrètement dans la politique sociale européenne :
la „cohésion sociale" évoquée dans la partie I ne trouve pas d'écho
dans la partie III avec l'organisation de possibilités d'action correspondantes
au niveau européen en ce qui concerne les questions socio-politiques
transfrontalières ; au contraire : dans une Union plus grande, il
sera plus difficile à l'avenir d'atteindre les majorités nécessaires,
même pour les questions ne relevant pas de l'unanimité.
Cela concerne par exemple la protection des travailleurs contre le
licenciement par l'employeur (article III-104.1d) tout comme la politique
anti-discriminatoire (article III-8) ; mais également dans les domaines
exclus du droit d'association et de coalition, des salaires, des grèves
et du lock-out, une coopération transfrontalière plus grande devrait
être avantageuse à l'avenir pour tous les pays membres de l'UE.
- L'UETDC salue
tous les efforts qui sont faits pour relier les articles concernant
le marché commun et la concurrence (cf. partie III) à l'ordre économique
de l'économie sociale de marché. Cette déclaration de valeurs ne doit
pas se cantonner à la partie I, mais doit être appliquée partout dans
la partie III.
- Cinquièmement,
le dialogue social n'est pas développé plus en avant, de la même façon
que des structures claires au sein desquelles le fameux „dialogue
civil" pourrait participer à la formation de la volonté politique
ne sont pas créées. Dans ce contexte, il convient aussi d'évoquer
le Comité Economique et Social qui devrait recevoir de plus grandes
compétences pour pouvoir jouer un rôle encore plus actif dans la prise
de décision au niveau européen.
L'UETDC salue l'ensemble des possibilités permettant d'améliorer le
fonctionnement de la démocratie représentative. Cette amélioration
doit s'effectuer avant tout en offrant la possibilité aux partenaires
sociaux et organisations non gouvernementales chargés de fonctions
de représentation de participer aux délibérations concernant la réglementation
européenne dans leur domaine de compétence.
L'instrument des initiatives des citoyens exige une amélioration conséquente
de la transparence des voies de décision, une répartition claire des
responsabilités ainsi qu'une large information en ce qui concerne
les questions de fond correspondantes.
Ces instruments ne doivent cependant pas être mis en jeu les uns contre
les autres, mais plutôt se compléter et contribuer à faire mieux connaître
la politique de l'UE aux citoyens.
- Le traité constitutionnel
ne prévoit aucun droit pour les régions munies de compétences législatives
- régions composées pour l'essentiel de peuples et de nations sans
structure étatique propre -, excepté le droit exclusif de s'adresser
directement à la Cour de Justice des Communautés Européennes. La nouvelle
constitution européenne devrait accorder aux régions le droit de créer
des relations transfrontalières en matière de coopération sociale,
économique et administrative.
- L'UETDC salue
la possibilité expressément mentionnée selon laquelle les Etats membres
peuvent prendre des initiatives d'une coopération renforcée autres
que celles prescrites par les lois européennes. L'UETDC fait remarquer
qu'il s'agit ici des initiatives prises par les Etats membres ; en
ce qui concerne les initiatives de la Commission, celle-ci n'a pas
la possibilité de choisir entre cette méthode plus ouverte et la voie
régulière de la législation. Les limitations désormais intégrées dans
la procédure de la coopération renforcée (l'approbation doit être
à l'unanimité) ne montrent que la peur des citoyens face à trop de
coopération européenne.
- Enfin, l'UETDC
salue les „clauses d'ouvertures" expressément prévues, clauses qui
ont pour objectif une coordination plus grande des politiques des
Etats membres de l'UE. L'UETDC est d'avis que les processus appropriés
à cet effet doivent être développés (par exemple en tenant compte
de la lutte contre la pauvreté convenue lors du processus de Lisbonne).

L'Union
Européenne des Travailleurs Démocrates-Chrétiens (UETDC) regroupe 23
organisations de travailleurs dans 15 pays d'Europe et est associée
au Partie Populaire Européen (PPE).
Responsable: Christoph
Weisskirchen, Secrétaire Général

UETDC
Union Européenne des Travailleurs
Démocrates - Chrétiens
c/o PPE, Rue du Commerce / Handelsstraat 10
B-1000 Bruxelles
E-mail: UETDC
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