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Bruxelles, 14.01.2003


Contribution de Elmar Brok, Député au Parlement Européen en réponse aux questions du mandat du groupe de travail sur les "Affaires sociales"

sur la base des contributions à ce groupe de travail, ainsi que de discussions avec le groupe de travailleurs du groupe EPP/DE au Parlement Européen


Question 1 : Selon l'avant-projet de Traité Constitutionnel, l'article 2 de ce Traité doit contenir une brève définition des valeurs fondamentales de l'Union. Quelles valeurs fondamentales faudrait-il mentionner dans cette clause pour le domaine social, compte tenu des valeurs fondamentales figurant déjà dans la Charte des Droits Fondamentaux de l'UE ?

En plus des valeurs déjà couvertes par la Charte des Droits Fondamentaux, il conviendra d'ajouter l'économie sociale de marché au catalogue des valeurs figurant dans le Traité.


Question 2 : Selon l'avant-projet de Traité Constitutionnel, l'article 3 de ce Traité doit contenir une définition des objectifs généraux de l'Union. Dans quelle mesure et de quelle manière ces objectifs généraux devront-ils englober des objectifs sociaux ?

Il faut bien préciser que par le simple fait de fixer des objectifs, les clauses du Traité ne créent pas automatiquement les compétences requises. Les compétences et les responsabilités de l'UE doivent être concrètement identifiables. Ces conditions préalables ne concrétisent pas des objectifs généraux du Traité. Il faut donc intégrer aux articles 6 et 95 du Traité instituant l'Union Européenne - de la même façon que ce qui a été fait pour la politique de l'environnement, dans la santé publique et la protection des consommateurs - des clauses servant d'ancrage aux principes nécessaires et communautaires du modèle social européen. Dans ce contexte, voici les points qu'il convient de faire figurer dans un catalogue des objectifs, de la même manière que l'article 2 actuel du Traité de la CEE :

  • les efforts déployés pour atteindre un niveau d'emploi élevé et pour créer des emplois de bonne qualité ;
  • la promotion de la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté ;
  • la promotion de la protection sociale, sur la base des valeurs fondamentales de solidarité, d'intégrité des personnes et de subsidiarité ;
  • l'effort d'amélioration de la qualité de vie et du niveau de vie des ressortissants européens.


Question 3 : En ce qui concerne les compétences de l'Union, conviendrait-il à votre avis de modifier les compétences actuellement attribuées à l'Union/à la Communauté dans le domaine social ? Si oui, quelles nouvelles compétences devraient être confiées à l'Union/à la Communauté dans le domaine social, et de quelle catégorie de compétences celles-ci devraient-elles relever ?

Tout comme la politique économique, la politique sociale devrait aussi être considérée comme une politique d'intérêt commun obligeant les Etats membres à coordonner entre eux plus étroitement qu'auparavant leurs politiques sociales dans les domaines qui menacent de faire obstacle à la réalisation d'un marché intérieur européen.

L'existence de procédures de prise de décisions efficaces et démocratiques est subordonnée à l'adoption de décisions à la majorité qualifiée comme principe fondamental des décisions législatives, ainsi qu'à l'application de la procédure de co-décision pour toutes les dispositions sociales du Traité instituant l'Union Européenne et de la politique européenne de l'emploi.

En ce qui concerne les systèmes de protection sociale, la diversité qui est le fruit de l'histoire ne justifie guère une coordination européenne centralisée. Néanmoins, on pourrait là aussi créer une plus-value européenne si les Etats Membres de l'UE collaboraient ensemble plus étroitement qu'auparavant. L'objectif majeur consiste à édicter des règles applicables dans la pratique et aptes à faciliter encore plus la mobilité transfrontalière.

Voilà pourquoi, sur le plan des systèmes de protection sociale, mais également (comme cela a été convenu à Lisbonne) au niveau de la lutte contre la pauvreté, il convient d'intégrer et d'ancrer dans le Traité la méthode de la collaboration entre les Etats membres.

En ce qui concerne des domaines tels que celui de la libre circulation des travailleurs, la procédure de vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil et la co-décision du Parlement Européen sont également nécessaires dans le secteur de la Sécurité Sociale.


Question 4 : Quel rôle pourrait être confié à la méthode ouverte de coordination, et quelle serait sa place dans le Traité Constitutionnel ?

La méthode ouverte de coordination est un instrument souple qui permet à l'UE d'anticiper rapidement sur l'évolution de la situation en lançant des études comparatives et en échangeant des informations sur les meilleures pratiques actuelles. Cet instrument ne peut pas être utilisé pour prendre des décisions qui font juridiquement foi.

Toutefois, le choix des méthodes et la possibilité de les appliquer différemment dans chaque domaine d'intervention devrait rester libre et transparent ; le Parlement Européen doit être en mesure de jouer son rôle démocratique dans cette procédure. De ce fait, il n'est pas nécessaire de définir cette procédure dans le Traité.


Question 5 : Quelle relation peut-on établir entre la coordination des politiques économiques et la coordination des politiques sociales ?

Pour une approche de l'action qui se fixe les objectifs ambitieux de l'Union Européenne, tels que le plein emploi, la promotion d'un niveau élevé de protection sociale, ainsi que la promotion de la cohésion économique et social telle qu'elle est envisagée dans l'Article 3 du projet préliminaire du Traité Constitutionnel, les Etats membres et la Communauté devront mettre au point et poursuivre une stratégie axée sur une meilleure coordination de leur politiques. Dans chaque domaine d'action (politiques économique, monétaire, de l'emploi et sociale), la méthode et la procédure appropriées devraient être appliquées afin d'accroître le potentiel de croissance et d'emplois.

Qualité des services publics :
L'accès aux services d'intérêt économique général est crucial pour la cohésion territoriale et sociale. Garantir cet accès sans porter préjudice aux systèmes de propriété privée fait partie du Modèle Social Européen. Ces principes sont définis dans les Articles 16 et 295 du TCE.

La résolution du Parlement Européen 2 sur les "Services d'Intérêt Général en Europe" déclare qu'un amendement de l'Article 16 du TCE n'est pas indispensable pour parvenir à des certitudes juridiques et mieux clarifier la situation. Une réglementation trop pointilleuse dans le domaine des services d'intérêt général déboucherait sur moins d'opportunités à saisir par les opérateurs, ce qui ferait perdre aux citoyens et les contribuables bon nombre d'avantages dont ils disposent actuellement.

Néanmoins, l'Union Européenne devrait poursuivre le développement de ce secteur afin de sauvegarder ce type de services pour ses citoyens.

En ce qui concerne la législation secondaire telle que la proposition envisagée pour une directive cadre :

  • il convient de noter et de confirmer que les Etats membres disposent d'une pleine liberté juridique de spécifier des services importants qui leur paraissent être d'intérêt général : ceci inclut par exemple la protection des clients socialement défavorisés contre toute exclusion injustifiable des services auxquels ont droit
  • à des prix raisonnables - les zones les plus isolées du pays, car ceci contribue à la cohésion sociale et territoriale. - Des directives devraient être élaborées à propos des activités non-commerciales, par exemple de nature sociale, culturelle ou charitable, afin de déterminer dans quelles conditions elles sont soustraites au contrôle des subventions, et en principe à l'application de la loi communautaire relative à la concurrence.


Question 6 : En ce qui concerne les procédures, dans quelle mesure la codécision et le vote à la majorité qualifiée devraient être étendus à des domaines dans lesquels l'unanimité est actuellement requise ?

Veuillez consulter la réponse à la question 3


Question 7 : Le Titre VI du projet préliminaire de Traité Constitutionnel aborde la vie démocratique de l'Union. Le rôle des partenaires sociaux devrait-il être évoqué dans le Titre VI, et si oui, quel devrait être ce rôle ?

L'importance du dialogue social devrait être soulignée dans le titre VI du futur Traité Constitutionnel qui aborde la vie démocratique de l'Union. En accord avec les principes de subsidiarité horizontale, les droits existants tels qu'ils sont définis dans les articles 137.4, 138 et 139 du traité doivent être préservés, car ils offrent aux partenaires sociaux la possibilité de souscrire à des modalités et à des contrats qui fourniront alors le cadre du Droit européen. A l'avenir, le Parlement Européen devrait bénéficier du même statut que le Conseil dans cette procédure.

Les lacunes du traité dans le domaine des droits syndicaux transfrontaliers doivent être comblées en garantissant la liberté de réunion et d'association, ainsi que le droit d'agir collectivement et l'autonomie des partenaires sociaux sur le plan européen. L'Article 137 qui a trait aux grèves et aux lock-outs devra être modifié en conséquence.

Dans le but de promouvoir le dialogue social, il convient de garantir que tous les partenaires sociaux européens reconnus - qu'ils représentent certaines sections/ certains groupes professionnels, ou s'ils transcendent ces frontières - doivent bénéficier d'un accès à la fois aux audiences institutionnalisées existantes elles-mêmes et à des ressources adéquates d'assistance scientifique (infrastructure permanente européenne pour les partenaires sociaux).

  1. Le rôle des partenaires sociaux, des églises et des organisations non-gouvernementales

Les églises, les partenaires sociaux et les organisations non-gouvernementales ont le droit d'être entendus et d'exprimer leur point de vue concernant des propositions qui ont trait à leur domaine d'activité spécifique ; ces opinions devraient être prises en considération dans le processus de prise de décision.

Ces droits peuvent uniquement être exercés si l'organisation en question a un niveau élevé de représentativité.

Cette procédure devrait être évoquée dans le titre VI de l'article 34 du projet de Traité Constitutionnel.

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L'Union Européenne des Travailleurs Démocrates-Chrétiens (UETDC) regroupe 23 organisations de travailleurs dans 15 pays d'Europe et est associée au Partie Populaire Européen (PPE).

Responsable: Elmar Brok, membre du Parlement Européen, Président

 



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E-mail: UETDC

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