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28.02.2002

Vers une communauté de valeurs

Déclaration des Associations du PPE à l'occasion de la première réunion de la convention sur l'Avenir de l'UE


L'Association des Petites et Moyennes Entreprises du PPE (SME-Union), l'Union Européenne des Travailleurs Démocrates-Chrétiens (UETDC), l'Association des Jeunes Du PPE (YEPP), l'Association des Femmes Du PPE et l'Association Européenne des Élus locaux et régionaux du PPE (AEELR) déclarent à l'occasion de la première réunion de la convention sur l'avenir de l'Union Européenne:

La convention sur l'Avenir de l'Union Européenne constitue une étape essentielle de la construction d'une union politique. Son défi est de trouver des réponses institutionnelles aux défis politiques actuels lancés à l'Union, réponses qui devront renforcer la démocratie, la transparence et élargir le champ d'action de l'Union.

Les grandes lignes politiques suivantes doivent être tracées à un niveau européen et de telle manière que soient obtenus l'acceptation de la responsabilité mondiale, l'élargissement vers l'Europe centrale, orientale et vers l'Europe du sud ainsi que le renforcement de la cohésion interne de nos sociétés. L'Union et les états membres doivent travailler ensemble afin de renforcer la force de production et la compétitivité, afin de lutter contre le chômage, afin aussi que les systèmes de financiation solidaire de la sécurité sociale soient maintenus à long terme tout en restant toujours aussi performant, afin de créer des systèmes complémentaires et orientés vers la concurrence mondiale et de promouvoir la protection de l'environnement.

L'aménagement d'un espace européen économique et social signifie entre autres et concrètement : la mise en œuvre accélérée des grandes lignes de la " Charte Européenne des Petites et Moyennes Entreprises", car les Petites et Moyennes Entreprises constituent un des facteurs essentiels de la croissance et de l'emploi. Il est également indispensable de mieux harmoniser les lignes directrices de la politique économique et de celle de la politique de l'emploi.

La responsabilité de l'Union Européenne ne s'arrête pas à ses frontières ; l'UE assume une responsabilité globale. En tant que puissance globale, l'Europe doit s'engager mondialement afin de défendre les droits de l'homme, la démocratie, l'État de droit, l'économie sociale de marché, un développement durable ainsi qu'une gouvernance politique responsable (good governance). Afin de réussir à mettre ce programme en œuvre de manière effective, les représentants de l'Union Européenne sont appelés à parler d'une seule voix dans les commissions correspondantes des Nations Unies et autres instances mondiales.

Nous voulons façonner l'Union politique, sociale et économique de telle manière qu'elle satisfasse notre volonté de créer une communauté de valeurs.

  • C'est pourquoi il nous parait absolument nécessaire que la charte des droits fondamentaux soit définitivement assimilée d'un point de vue juridique au contrat comme signal politique.

  • Deuxièmement, il est nécessaire de bien définir les compétences de l'Union et les devoirs des états membres. Le principe qui soutient ce partage des compétences s'appuie sur la solidarité, la subsidiarité et la concurrence. L'Union Européenne une fois réformée devrait être responsable du marché intérieur avec une dimension sociale y compris la monnaie commune, une politique de l'agriculture et de la pêche réformée ainsi que du commerce extérieur (le Parlement Européen devrait pouvoir disposer du droit de codécision entier sur ce point). Dans le domaine de la sécurité intérieure et extérieure, l'Union devrait être compétente en matière de droit d'asile, de lutte contre la criminalité internationale et le terrorisme ainsi que pour tout ce qui concerne la politique extérieure, de sécurité et de défense. L'UE devrait être aussi responsable en matière d'aide internationale et d'aide au développement. L'Union devrait partager sa responsabilité avec les états membres pour tout ce qui concerne la politique de communications, des transports, de la recherche, des affaires sociales, de l'environnement et de la santé. L'Union coordonne les politiques des états membres en matière de création d'emploi. L'Union et les états membres doivent également travailler conjointement pour ce qui concerne la modernisation des systèmes de sécurité sociale dans le but de combiner les systèmes légaux, solidaires et financiers, qui doivent garantir une grande partie du financement de la sécurité sociale, avec des systèmes complémentaires, orientés vers la concurrence.

  • Un contrôle démocratique doit être pareillement garanti à tous les niveaux - au sein des états membres comme au niveau communautaire. Une conséquence logique est que les droits du Parlement Européen - cela est aussi valable pour le droit d'initiatives dans le législatif - doivent être clairement élargis.
    Pour cela, la manière de travailler doit être agencée de telle façon que les Partis Européens jouent à l'avenir un rôle plus important à la formation de la volonté politique. En l'occurrence, la nomination de têtes de liste européens pour les élections européennes devrait être pris en compte (également en vue de l'élection d'un président de la commission). De manière générale, la procédure d'élection de députés européens devrait être - sur la base du droit électoral européen - fortement régionalisée.

  • Le Conseil et le Parlement Européen doivent assumer autant l'un que l'autre le pouvoir exécutif. Cela doit ressortir avec la plus grande transparence possible. La capacité de gouverner signifie essentiellement un élargissement des décisions majoritaires dans tous les domaines et qui devront être ajustées au niveau européen. Dans un éventuel système législatif bicaméral, les sujets devraient être traités en détail par les deux chambres.

  • La Commission doit être transformée en pouvoir exécutif. Le Parlement devrait élire le Président de la Commission Européenne. Les commissaires devraient être nommés par le Président sur la base d'un commissaire par état membre. Les commissaires devraient être individuellement confirmés par le Parlement Européen. Le Président de la Commission devrait avoir le pouvoir de relever les commissaires isolés de leurs fonctions; le Parlement Européen devrait pouvoir révoquer le Président de la Commission ainsi que les commissaires isolés avec une majorité de deux tiers.

  • Le principe de la subsidiarité doit être ancré plus clairement à un niveau institutionnel. Les régions et, en particuliers, les partenaires sociaux sont plus qualifiés que les institutions étatiques centrales pour résoudre un grand nombre de problèmes. C'est dans ce contexte qu'il faut renforcer les commissions régionales ainsi que les comités économiques et sociaux.

  • La démocratisation fait aussi partie des divers objectifs que poursuit la Convention sur l'avenir de l'Union Européenne. En effet, dans une multitude de circonstances, les villes et les communes sont les interlocuteurs immédiats des citoyens de l'Union Européenne aussi bien comme organismes prestataires de services au niveau communal que comme administrations de première instance. Or, leur représentation auprès des organismes de l'Union Européenne est très mal réglée. Elles ne possèdent pratiquement aucun droit de consultation ou de participation. Seulement par le biais du Comité des régions, les intérêts des villes et des communes peuvent être représentés dans des cas particuliers pour autant qu'ils coïncident - plus ou moins par hasard - aux intérêts que représente ce même Conseil. Au niveau Européen, l'exercice de certains droits est lié aux attributions du pouvoir législatif (c'est ainsi que ne peuvent désignés par le Comité des Régions pour cette Convention sur l'avenir de l'Union Européenne que des représentants des collectivités locales qui disposent aussi de pouvoirs législatifs).

Bien que les villes et les communes aient le pouvoir d'édicter des règlements de portée générale, ceux-ci ne peuvent pas être souvent qualifiés de lois mais possèdent fréquemment un rang subordonné (comme dispositions par exemple). Dans le cadre du Conseil de l'Europe, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (C.P.L.R.E) se charge d'une façon toute particulière des préoccupations et requêtes régionales ou communales. C'est pour cette raison que, lors de cette Convention, à tout le moins, un statut d'observateur devrait être attribué au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe(C.P.L.R.E).

Le futur de l'Union Européenne concerne tous les citoyens européens. C'est pourquoi nous saluons le fait que la convention veuille entendre les avis des organisations qui constituent la société civile. La jeunesse est la clef du futur. C'est pourquoi les associations qui forment partie du PPE en appellent à la formation d'une convention de la jeunesse qui devra discuter des perspectives de l'UE durant l'année 2002. Les résultats de ces discussions doivent être mentionnés dans les délibérations de la convention.


L'Union Européenne des Travailleurs Démocrates-Chrétiens (UETDC) regroupe 23 organisations de travailleurs dans 15 pays d'Europe et est associée au Partie Populaire Européen (PPE).

Responsable: Luc Delanghe, Président.

 



UETDC
Union Européenne des Travailleurs Démocrates - Chrétiens
c/o PPE, Rue du Commerce / Handelsstraat 10
B-1000 Bruxelles


E-mail: UETDC

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