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Bruxelles, 01.03.2000


Le Conseil Européen à Lisbonne

résultats et évaluation

Paragraphe I

L'objectif

"L'Union s'est aujourd'hui fixé un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale."

 

Paragraphe II

PRÉPARER LA TRANSITION VERS UNE ÉCONOMIE COMPÉTITIVE, DYNAMIQUE ET FONDÉE SUR LA CONNAISSANCE

a) Une société de l'information pour tous

b) Créer un espace européen de la recherche et de l'innovation

c) Instaurer un climat favorable à la création et au développement d'entreprises
novatrices, notamment de PME

d) Des réformes économiques pour achever et rendre pleinement opérationnel
le marché intérieur

e) Des marchés financiers efficaces et intégrés

f) Coordonner les politiques macroéconomiques : assainissement, qualité et viabilité des finances publiques

Paragraphe III

MODERNISER LE MODÈLE SOCIAL EUROPÉEN EN INVESTISSANT DANS LES RESSOURCES HUMAINES ET EN CRÉANT UN ÉTAT SOCIAL ACTIF

 

a) L'éducation et la formation à la vie et à l'emploi dans la société de la connaissance

b) Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour l'Europe :
vers une politique active de l'emploi

"L'évaluation à mi-parcours devrait donner un nouvel élan à ce processus en enrichissant les lignes directrices et en leur assignant des objectifs plus concrets
Les partenaires sociaux doivent être associés plus étroitement à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des lignes directrices appropriées."

Actions: entre autres- fournissant aux services de l'emploi une base de données européenne sur les possibilités d'emploi et d'apprentissage, accorder plus d'importance à l'éducation et à la formation tout au long de la vie, accroître l'emploi dans les services, améliorer l'égalité des chances sous tous ses aspects

L'objectif global de ces mesures devrait consister, sur la base des statistiques disponibles, à porter le taux d'emploi (actuellement de 61 % en moyenne) à un niveau aussi proche que possible de 70 % d'ici à 2010 et à faire en sorte que la proportion de femmes actives (actuellement de 51 % en moyenne) dépasse 60 % d'ici à 2010.

c) Moderniser la protection sociale

"Renforcer la coopération entre les États membres par l'échange d'expériences et de meilleures pratiques, sur la base de réseaux d'information améliorés, qui sont les outils de base en la matière."

d) Favoriser l'intégration sociale

"Il faut prendre des mesures pour donner un élan décisif à l'élimination de la pauvreté en fixant des objectifs appropriés devant être approuvés par le Conseil d'ici à la fin de l'année."

Actions: entre autres - favoriser une meilleure compréhension de l'exclusion sociale par la poursuite du dialogue et des échanges d'informations et de meilleures pratiques, sur la base d'indicateurs arrêtés d'un commun accord
définir des actions prioritaires pour des groupes cibles déterminés, le choix des actions les plus adaptées à leur situation particulière étant laissé à l'appréciation des États membres, qui feront ensuite rapport sur la mise en œuvre de ces actions

En décembre, au Conseil européen de Nice, le Conseil veut trouver un accord sur un agenda social européen intégrant les initiatives des différents partenaires concernés.

 

Paragraphe IV

MISE EN PRATIQUE DES DÉCISIONS : UNE APPROCHE PLUS COHÉRENTE ET PLUS SYSTÉMATIQUE

"Il n'est nul besoin de nouveaux processus. Les grandes orientations des politiques économiques et les processus de Luxembourg, Cardiff et Cologne fournissent les instruments nécessaires, pour autant qu'ils soient simplifiés et mieux coordonnés entre eux. (…)
Le Conseil européen se réunira chaque année au printemps pour débattre des questions économiques et sociales. (…)
La Commission va élaborer chaque année un rapport de synthèse sur les progrès réalisés sur la base d'indicateurs structurels en matière d'emploi, d'innovation, de réformes économiques et de cohésion sociale, qui seront fixés d'un commun accord."

Le nouvel objectif stratégique devrait être realisé par des lignes directrices pour l'Union par des indicateurs quantitatifs et qualitatifs et des critères d'évaluation par rapport ainsi que par une évaluation et un examen par les pairs.

"L'approche retenue sera totalement décentralisée, conformément au principe de subsidiarité ; l'Union, les États membres, les collectivités régionales et locales, ainsi que les partenaires sociaux et la société civile seront activement associés dans diverses formes de partenariat.

Un Forum de haut niveau rassemblant les institutions et organes de l'Union et les partenaires sociaux aura lieu en juin pour faire le point des processus de Luxembourg, Cardiff et Cologne et évaluer la manière dont les différents acteurs contribuent à étoffer le contenu du Pacte européen pour l'emploi."

Evaluation

Objectifs concrets

Les décisions prises au récent Sommet pour l'emploi ne sont que des avancées limitées dans la politique européenne de l'emploi. La soi-disant " nouvelle méthode de coordination " ne saurait être considérée comme un progrès important au niveau de la précision de la politique européenne de l'emploi ni de la quantification des objectifs avancés.

Or, c'était là une des revendications de l'UETDC : " les lignes directrices pour l'emploi doivent être précisées par rapport à leur délai de conversion, à la quantification des objectifs avancés, à l'évaluation et au contrôle de ces objectifs. Au moins 25 % des chômeurs doivent bénéficier de mesures de qualification professionnelle ou d'autres mesures appropriées ".

A ce propos on doit se demander si une hausse du taux de l'emploi est susceptible de contribuer à une réduction du chômage. A cette approche globale l'UETDC préfère une approche axée sur les lignes directrices pour l'emploi afin de permettre aux groupes spécifiques à problèmes (chômeurs de longue durée, jeunes) d'accéder au marché du travail.
Dans ce contexte ; l'UETDC est claire : la politique de l'emploi doit être axée sur la création d'emplois durables garantissant une sécurité d 'existence.

Au niveau de l'activation de l'économie l'UETDC applaudit aux efforts prévus au niveau du capital à risque destiné aux PME, mais dans ce contexte elle déplore l'absence de modèles de participation volontaires et socialement acceptables des travailleuses et des travailleurs au capital productif.

Qualification

Pour ce qui est du contenu de la politique de l'emploi il est évident que la qualification des personnes en vue de leur intégration dans le marché du travail est d' une importance capitale. A cet égard, les technologies nouvelles jouent un rôle de premier plan. Mais comme on le fait dans les conclusions, on ne peut inverser les choses. Avant d'exiger que chaque citoyen fasse siennes les aptitudes nécessaires à la vie et au travail dans la société de l'information, les structures et les techniques de cette société de l'information doivent être adaptées aux aspirations et aux aptitudes des personnes.
Le profil que brosse le document du Conseil et qui restreint cette qualification aux technologies de pointe passe outre au fait qu'une large formation académique et professionnelle, ainsi qu'une formation permanente qui relient les camps du savoir classique avec les nouveaux champs du savoir, offrent toujours de meilleures opportunités professionnelles. C'est aussi le seul moyen d'éviter les nouvelles discriminations et exclusions causées par les qualifications exigées actuellement.

Protection sociale

L'UETDC se réjouit de l'introduction du Conseil Européen à l'égard d'un processus Européen pour la lutte contre la pauvreté.

l'UETDC manquent une confession claire sur le fait que des systèmes de sécurité sociale doivent être aménagés de façon à garantir une protection minimale pour tous les citoyens ayant droit au sein de l'Union Européenne. La tendance actuelle à faire aboutir les systèmes de protection sociale à des emplois ne doit pas nous faire oublier qu'il existe des catégories de la population sur lesquelles une politique active de marché du travail n'a pas d'emprise. En conséquence, il doit y avoir des filets de sécurité de haut niveau.

Dans ce contexte, l'UETDC s'attend à ce que l'étude annoncée sur l'évolution future de la protection sociale dans une perspective à long terme sera préparée en priorité, pour que des étapes de réforme appropriées puissent être introduites le plus vite possible.

Finalement, l'UETDC n'exige pas seulement des standards minimums sociaux communs pour les conditions de travail, mais aussi dans différents autres secteurs du droit de travail et du droit social comme le droit de démission ou l'intégration des handicapés dans la vie professionnelle. Les possibilités que le Traité d'Amsterdam nous offre concernant la lutte contre l'exclusion sociale, doivent également être réalisées.

Droits de participation des travailleurs

L'UETDC rappelle que les chefs d'État et de gouvernement n'ont pas encore pris de décisions concernant l'amélioration des droits de participation, d'information et de consultation des travailleuses et des travailleurs en ce qui concerne les décisions de l'entreprise (EUROPA-AG). Il s'agit justement ici de la création ou de la suppression d'emplois, investir dans des hommes ou dans des machines.

 

 

L'Union Européenne des Travailleurs Démocrates-Chrétiens (UETDC) regroupe 23 organisations de travailleurs dans 15 pays d'Europe et est associée au Partie Populaire Européen (PPE).

Responsable: Luc Delanghe, Président.

 



UETDC
Union Européenne des Travailleurs Démocrates - Chrétiens
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